Pierrepont Alexandre

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Chercheur associé CANTHEL
belenosc@orange.fr
Travaillant sur les logiques de « la diversalité », sur les phénomènes de « double conscience » et les altérités internes aux sociétés occidentales – plus particulièrement sur les musiques africaines-américaines en tant qu’institution sociale alternative, Alexandre Pierrepont partage son temps entre l’Amérique du Nord et la France. Après une thèse sur l’Association for the Advancement of Creative Musicians, préparée à l’U.F. d’anthropologie, ethnologie et science des religions de l’Université Paris 7 – Denis Diderot et soutenue à l’Université Paris 5 – Sorbonne (2007), puis un post-doctorat au Département de philosophie de la McGill University, à Montréal (2014), il est devenu chercheur associé des laboratoires CANTHEL de la Faculté des Sciences humaines et sociales à Université Paris 5 – Sorbonne, et CERILAC de l’UFR Lettres Arts Cinéma, Université Paris 7 – Denis Diderot, ainsi qu’à l’International Institute for Critical Studies in Improvisation (IICSI) au Canada. Auteur de « Le Champ jazzistique » (Éditions Parenthèses, 2002) et de « La Nuée – l’Association for the Advancement of Creative Musicians (AACM), un jeu de société musicale » (Parenthèses, 2015), Alexandre Pierrepont a également codirigé avec Philippe Carles une histoire contemporaine du jazz et de la musique créative : « Polyfree – La jazzosphère, et ailleurs (1970-2010) » (Éditions Outre Mesure, 2016).

champ jazzistique – musique créative – diversalité – propriétés culturelles – conscience sociale

Initiée par la méthode hétérologique que développèrent aussi bien Michel de Certeau que Robert Jaulin, inspirée par l’attention accordée à l’hétérogène autant par le Collège de sociologie de Michel Leiris, Georges Bataille et Roger Caillois que par les cultural studies de Paul Gilroy, Stuart Hall et James Clifford, notre démarche de connaissance procède d’une interrogation sur les conditions et les mécanismes actuels de « l’invention culturelle », et plus particulièrement sur les altérités internes aux sociétés occidentales : comment et avec quel coefficient de liberté une culture nécessairement mélangée peut-elle donner aux hommes un monde et un sens de vivre qui leur soient propres ? Comment cette invention culturelle se cherche-t-elle ou se réalise-t-elle à travers des champs d’expression artistiques ou intellectuels propres à notre monde, au sens large ? Quelle distance sépare le terrible constat de désenchantement naguère dressé par Max Weber, de l’exhortation d’André Breton, avant et après tant d’autres dans les temps modernes et postmodernes, à réenchanter le monde, avec tout ce que cette volonté de sacralisation comporte d’aveu tragique, d’appétit mirifique ? Et, dans cette distance, où foisonnent de nombreux mythes de l’Occident, quelles altérités transforment et se transforment, inventent et s’inventent – qu’il s’agisse de minorités culturelles, de mouvements politiques et/ou de courants artistiques ?

Cette interrogation voudrait aussi reprendre l’assertion de Roger Bastide dans « Art et Société » : « Or l’artiste-écho de la communauté n’est concevable que pour des sociétés indifférenciées et homogènes, il cesse de l’être pour des sociétés stratifiées et multiples comme les nôtres » Cet « artiste-écho », ne peut-il être, ne s’est-il pas voulu, avec d’autres parfois, celui d’une communauté à venir ? Le cas des musiques afro-américaines d’Amérique du Nord, prises comme institution sociale alternative, nous a montré comment un moyen d’expression artistique a pu constituer la langue, la mémoire et l’imaginaire à partir desquels s’est réaffirmée une identité autant collective que multiple, collective que différentialiste.

– Le champ jazzistique comme champ de forces sociales, à la croisée de la musique d’une communauté et d’une musique du monde, de la musique « traditionnelle » et de la musique « moderne », de la musique « commerciale » et de la musique « savante », de la musique « profane » et de la musique « sacrée », sans qu’il verse jamais tout à fait dans aucune de ces catégories, qu’il rebat plutôt à sa manière, dont il permet d’interroger la validité.

– Comment un art en vient-il à recueillir certaines propriétés culturelles (la dynamique singularisante du « blues impulse », la dynamique solidarisante du « gospel impulse », la dynamique transformationnelle du « jazz impulse » – pour paraphraser successivement Ralph Ellison, James Baldwin et Craig Hansen Werner), qu’il transmute et redéploie en un mode de sentir et de penser original, à son tour expressif de cet espace autant symbolique que physique, communautaire ?

– Du « jazz » comme ethnologie : ce champ ne réfléchit-il pas, plutôt qu’il ne reflète, l’histoire contemporaine et la réalité de la société nord-américaine, de la sphère occidentale, dans toutes leurs mutations ? Et comme ethnologie prospective : cette musique où l’interaction et la complémentarité sont les traits dominants, avec la puissance d’altération et de transformation de l’improvisation, cette musique avec ses procédures de jeu, avec ses règles de construction, ne propose-t-elle pas un autre type de sociabilité ?

– À quel endroit et envers du réel la créativité d’un groupe et l’invention d’un monde se rejoignent-elles ? Comment s’articulent au début du 21ème siècle les trois dimensions de la communauté élective, de la communauté de fait ou de destin, et d’une nouvelle citoyenneté mondiale ? Permettant peut-être de résoudre les questions que se posèrent l’un à l’autre Jean-Luc Nancy et Maurice Blanchot, sur « la communauté désœuvrée » ou « la communauté inavouable »…

– L’étude des phénomènes de dédoublement de la conscience sociale tels que nous avons d’abord pu les observer dans les musiques du champ jazzistique, et tels qu’ils définiraient un autre commerce triangulaire à travers l’espace atlantique, basé sur des formes de solidarité, de justice et de liberté – de création – collectives et différentialistes.

– L’étude de la conscience de soi et de la conscience historique au prisme de la double conscience, comprise comme l’alliance et l’alliage de l’inconscience et de l’hyperconscience ainsi que les musiciens du champ jazzistique nous l’ont appris. Offrant en définitive de pratiquer l’identité multiple comme un constant rééquilibrage dans les temps et les sociétés dits postmodernes.

– Pour une appréhension de l’altérité qui soit également la production interne de toute identité, sur un soi-même nécessairement soi-autre pour lui-même. Afin de resituer dans un contexte d’avènement historiquement et culturellement élargi les théories différentialistes de ce que Homi Bhabha nomme l’« articulation sociale de la différence » ou l’« hybridité originaire de la culture », et Stuart Hall la « prolifération subalterne de la différence ». Soit repenser les (dé)raisons d’êtres de tout système d’identités et de différences.

Depuis 2016, chargé de cours avec Yannick Séité (M1 et M2/ 36h, en équivalent TD) dans le Master Lettres, Langues, Sciences humaines et sociales – mention Lettres, arts et pensée contemporaine, à l’U.F.R. LAC (Lettres, arts, cinéma) de l’Université Paris 7 – Denis Diderot : « Filmer le jazz ».

Depuis 2014, chargé de cours – séminaire (deuxième et troisième années du Collège universitaire international / 42h, en équivalent TD) à Sciences Po – Paris : « Political Anthropology of the Jazzistic Field ».

Depuis 2012, chargé de cours avec Maria Manca (L2 / 36h, en équivalent TD) dans le Master Lettres, Langues, Sciences humaines et sociales – mention Lettres, arts et pensée contemporaine, à l’U.F.R. LAC (Lettres, arts, cinéma) de l’Université Paris 7 – Denis Diderot : « Mondes musicaux et musiques du monde ».

Depuis 2012, chargé de cours (étudiants américains de niveau M1 et M2 / 54h, en équivalent TD) dans le cadre du Columbia-Penn Programs & MA in French Cultural Studies à Paris : « Le(s) Pari(s) du Jazz ».

2009-2012. Chargé de cours (L3 / 54h, en équivalent TD) dans le Master Lettres, Langues, Sciences humaines et sociales – mention Lettres, arts et pensée contemporaine, à l’U.F.R. LAC (Lettres, arts, cinéma) de l’Université Paris 7 – Denis Diderot : « Le champ jazzistique – musique(s) et société(s) dans les temps impossibles ».

2011-2012. Chargé de cours (M1 / 29h en équivalent TD) dans le Master Conception et Direction de Projets Culturels du Département de Médiation Culturelle de l’Université Paris 3 – Sorbonne Nouvelle : « Anthropologie de la culture ».

2008-2009. Chargé de cours avec Yannick Séité (L2 / 36h, en équivalent TD) dans le Master Lettres, Langues, Sciences humaines et sociales – mention Lettres, arts et pensée contemporaine, à l’U.F.R. LAC (Lettres, arts, cinéma) de l’Université Paris 7 – Denis Diderot : « Atelier d’analyse Musique ».

2007-2010. Chargé de cours (première année du Collège universitaire / 42h, en équivalent TD) à Sciences Po – Paris: « Identité / Hybridité : le monde du double à travers l’Atlantique noir ».

2007-2010. Chargé de cours avec Mike Ladd (deuxième et troisième années du Collège universitaire international / 42h, en équivalent TD) à Sciences Po – Paris : « Cultural triangulations (Africa, Europe, North America) ».

2006-2013. Chargé de cours (deuxième et troisième années du Collège universitaire international / 42h, en équivalent TD) à Sciences Po – Paris : « Jazz Sociality ».

2006-2008. Chargé de cours avec Yannick Séité (M1 & M2 / 36h, en équivalent TD) dans le Master Lettres, Langues, Sciences humaines et sociales – mention Lettres, arts et pensée contemporaine, à l’U.F.R. LAC (Lettres, arts, cinéma) de l’Université Paris 7 – Denis Diderot : « Triangulations – un autre commerce ».

2002-2005. Chargé de cours avec Roger Renaud (maîtrise / 54h, en équivalent TD) à l’U.F. d’anthropologie, ethnologie et science des religions de l’Université Paris 7 – Denis Diderot : « Théories culturelles et inventions quotidiennes ».

Ouvrages en nom propre

2018 (à paraître), Anthony Braxton, restructuraliste, Toulouse, Presses Universitaires du Midi (PUM)

2015, La Nuée – L’AACM : Un jeu de société musicale, Marseille, Éditions Parenthèses, collection Eupalinos

2002, Le Champ jazzistique, Marseille, Éditions Parenthèses, collection Eupalinos

Ouvrages dirigés & éditions d’ouvrages collectifs

2016, Polyfree – La jazzosphère, et ailleurs (1970-2015), textes réunis avec Philippe Carles, Paris, Éditions Outre Mesure

2010, L’improvisation : ordres et désordres – faits d’art et faits de société, textes réunis avec Yannick Séité, Paris, Textuel – Revue de l’UFR Lettres, Arts, Cinéma publiée avec le concours du Conseil scientifique de l’Université Paris Diderot – Paris 7, n°60, janvier 2010

2010, Banlieues Bleues – Tables d’écoute, responsable d’édition, Marseille, Le Mot et le Reste

Contributions à des ouvrages collectifs

2016, « The Salmon of Wisdom: On the Consciousness of Self and Other in Improvised Music and In the Language that Sets One Free » in Lewis G. et Piekut B. (eds.), The Oxford Handbook of Critical Improvisation Studies, Oxford, Oxford University Press

2016, (avec Carles P. et Citton Y.), « Continuités, déplacements, brisures » in Carles P. (dir.) Polyfree – La jazzosphère, et ailleurs (1970-2015), Paris, Éditions Outre Mesure

2016, « Le Maelstrom et la Myriade – Polymorphisme et puissance de transformation dans les musiques du champ jazzistique » in Carles P. (dir.) Polyfree – La jazzosphère, et ailleurs (1970-2015), Paris, Éditions Outre Mesure

2016, « L’Arche de la Musique – entre les lignes, les sons de la double conscience » in Soutif D. (eds.), The Color Line – les artistes africains-américains et la ségrégation, Paris, Flammarion

2013, « Jenkins Boys Again, Wish Somebody Die, It’s Hot – à propos de Leroy Jenkins », My Favorite Things. Le tour du Jazz en 80 écrivains, Céret, Alter Ego éditions

2012, (avec Bonnerave J., Carsalade P., De Cock L., Lorin F. & Tesler R.), « Born Dead » in Ludwig S. (dir.), On The Aesthetic Legacy of Ishmael Reed : Contemporary Reassessments, Huntington Beach, World Parade Books

2010, « Arythmie et arithmétique dans la vie et l’œuvre et la vie d’Albert Ayler », Albert Ayler, Témoignages sur un Holy Ghost, Marseille, Le Mot et le Reste

2009, « New Beings – Music and Education », Tell No Lies, Claim No Easy Victories, Nickelsdorf, Verein Impro

Actes de colloques

2017(à paraître), « Considérations sur ce qu’il est possible d’entendre et d’attendre du « jazz » en écrivant (et de trois, récits possibles, et nécessaires les uns aux autres) », Rennes, Presses Universitaires de Rennes (PUR)

2016, « De l’art et de la nécessité de (se) raconter des histoires – à partir du Massacre du bétail de John Edgar Wideman », Écriture et improvisation – Le modèle jazz ?, Paris, Editions Passage(s) – Esthétique(s) Jazz, Laboratoire SeFea / IRET / Sorbonne Nouvelle

2015, « Les Sens du déplacement (prière d’insérer à caractère anthropologique entre le classique et le jazzistique »), in Rencontres du jazz et de la musique contemporaine, Toulouse, Presses Universitaires du Midi (PUM)

2011, « Le spectre culturel et politique des couleurs musicales : la « Great Black Music » selon les membres de l’AACM », Volume !, 8-1, printemps 2011

2011, « Musique domaine du possible : New Yorubas dans les nouveaux mondes », L’Art du jazz, 2, novembre 2011

2010, « Jeux d’improvisation, jeux de construction », Textuel, 60, janvier 2010

2001, « À jamais, à présent – le champ jazzistique en son temps », L’Homme, 158-159, avril-septembre 2001

Articles dans les revues à comité de lecture

(à paraître) « Têtes coupées – Où l’on reparle de bêtes à cornes, de créatures acéphales et de contorsionnistes », Multitudes

(à paraître) « Communauté de fait, communauté élective : du surréalisme comme mode de création d’un mythe collectif », Multitudes

2004, « Le Champ jazzistique », Multitudes, 16, printemps 2004

2009, « Série chromatique I », L’Art du jazz, 1, octobre 2009

2007, « Petit traité de savoir-bruire », Multitudes, 28, printemps 2007

2012, « Aux sujets d’Anthony Braxton, méta-réaliste, et de sa nouvelle synthèse imaginaire », Multitudes, 51, hiver 2012.

2011, « Musique multiple de – de la philosophie de Michael Hardt et Antonio Negri aux formations socio-musicales de William Parker », Multitudes, 45, printemps 2011.

2011, « Digression sur le désordre (n’étant pas l’absence d’ordre) », Multitudes, 47, hiver 2011

2011, « Wadada Leo Smith : Ankhrasmation et science des solutions imaginaires », L’Art du jazz, 2, hiver 2011

2008, (avec Carsalade P. et Tesler R.), « Itutu (« On how to appropriately present oneself to others »): Extra-musical pedagogical values of creative music », Critical Studies in Improvisation / Études critiques en improvisation, 4/1

2006, « Let My Children Hear Music – Pour une ethnographie des phénomènes de transmission dans le champ jazzistique », L’Homme, 177-178, janvier-juin 2006

1997, « Là où la nuit vigoureuse saigne une vitesse de purs végétaux – jazz et surréalisme », Atlantiques, Cahiers du Centre national des lettres d’Aquitaine

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